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Le
sureau
René
Marcq
Le
sureau n’a qu’un défaut : il est tellement commun qu’on ne
distingue plus sa beauté que ce soit par son port, son feuillage, ses
fleurs ou ses fruits.
Par
ailleurs on néglige un peu trop ces arbustes
au passé prestigieux et dont les
qualités sont souvent oubliées de nos jours.
Position
botanique :
Les
sureaux forment un genre (le genre Sambucus) comprenant environ 25 espèces
réparties dans les zones tempérées et subtropicales des deux hémisphères.
Ce
genre constitue avec le genre Viburnum ( environ 150 espèces de viornes
) , le genre Lonicera (environ 180 espèces de chèvrefeuilles )et
d’autres, la famille des Caprifoliacées.
Dans notre région le sureau noir –Sambucus nigra-(
dénommé ainsi à cause de la couleur de ses fruits noir-violacé
brillants ) est le seul représentant du genre alors que son « cousin »
le sureau rouge –Sambucus racemosa-se trouve plus à l’est ou en
moyenne montagne. Une espèce herbacée,le sureau hièble-Sambucus
ebulus-se trouve sur les terrains calcaires.
Histoire
et mythologie : Un
passé glorieux.
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Des graines retrouvées
dans différents sites montrent que les baies de sureau étaient de
consommation courante par les hommes du néolithique(avant l’usage
des céreales).
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Son usage
pour ses propriétés médicinales très étendues remonte à
la plus Haute Antiquité.
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Dans de nombreux
pays le sureau avait la réputation de préserver des maléfices
et était pour cette raison planté près des maisons surtout vers
le nord de l’Europe :au Danemark il protège les maisons, en
Suède il est bénéfique aux femmes enceintes, en Russie il
repousse les mauvais esprits, en Allemagne la flûte enchantée des
légendes était faite de sureau(au
Moyen-âge la sambuque était une petite flûte faite d’un
rameau de sureau vidé de sa moëlle).
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Mais
il pouvait aussi avoir mauvaise réputation : en Angleterre, brûler
du sureau amène le
Diable dans sa maison, l’odeur forte des fleurs et des
feuilles entraîne des malaises
pouvant aller jusqu’à la mort,
en France
frapper une vache avec un rameau
bloque
la production de lait
ou entraîne sa mort.
La
vie du sureau noir :
Un
des premiers arbustes à
débourrer (avec l’aubépine) souvent dès la mi-février.
Sa floraison a lieu en
mai-juin : des fleurs blanc-crème en corymbe
très mellifères (pollinisation assurée par les insectes)
donnent d’août à septembre des fruits (drupes noires) qui sont la
friandise de nombreux oiseaux , principaux vecteurs de la dispersion des
graines.
Progressivement
cet arbuste à la croissance moyenne peut atteindre une hauteur de 6 mètres,
voire plus, pour prendre le port d’un petit arbre d’environ 10 mètres.
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