Un néflier
Mespilus germanica L.
Famille des rosacées
Néflier
Meldar (G.B.)
Mispel (Germany)
Cul de chien (populaire)
Le néflier commun est un petit arbre de 4 à 5 m de hauteur.
Originaire des confins sud de l'Europe et de l'Asie, il ne fait l'objet que de
cultures réduites en France, mais on le rencontre très fréquemment dans les
vergers de l'Europe balkanique et centrale.
Ses fruits étaient déjà utilisés dans l'alimentation humaine au début de
notre ère, en Grèce, dans la Rome antique, cité par Théophrastos (4ieme siècle
av. J.C.),
il figure sur les fresques murales de Pompéi.
On les consomme à l'état blet.
Ils servent aussi à la fabrication de marmelades, de gelées et on peut tirer
de leur fermentation un alcool agréable.
La pulpe contient des osselets plus ou moins nombreux qui sont des loges lignifiées,
indépendantes, contenant les graines.
Le néflier est tout à fait rustique en France jusqu'à des altitudes de 400 m
dans l'Est.
Son bois supporte des gelées supérieures à -20°C en hiver.
Sa floraison est tardive (fin mai) et n'est pas exposée aux gelées printanières;
par association avec son feuillage magnifique et sa silhouette tortueuse,
il est aussi un très bel arbre d'ornement.
Le développement des fruits jusqu'à maturité de cueillette n'exige pas,
d'autre part, une grande quantité de chaleur.
Les climats méridionaux lui sont plutôt défavorables.
Au point de vue du sol, le Néflier est également assez accommodant.
Tous les terrains lui conviennent, sauf ceux qui sont arides ou très humides.
C'est une des espèces fruitières les moins exigeantes.
Elle peut prospérer en lisière de massifs forestiers ou en situation mi-ombragée.
Les Néfliers se cultivent uniquement en arbres libres sur une demi-tige élevée
à 1,50 m,
sans soins particuliers, autres que l'élagage périodique des couronnes
normalement touffues et étalées.
Il leur faut des écartements de 6 m environs.
Les arbres élevés en pépinière et livrés au commerce sont greffés en pied
par écussonnage à œil dormant.
Les porte-greffes employés dans cet élevage sont :
les Aubépines, particulièrement le Crataegus oxyacantha pour les terrains
limoneux et secs, le Cognassier pour les terres fortes et fraîches, les
Sorbiers (Sorbus Aucuparia, S. domestica, S. torminalis),
pour les terres siliceuses pauvres, le Poirier Franc pour les terres profondes,
franches.
On pourrait aussi greffer sur Néflier de semis, mais la germination des graines
contenues dans les osselets est lente et capricieuse.
La fructification s'établie par fleurs isolées, de 2 à 4 cm de diamètre, à
l'extrémité des bourgeons implantés sur les rameaux faibles.
Elle se montre naturellement abondante et régulière dès un âge peu avancé
(5 à 8 ans).
Elle augmente avec le développement des couronnes.
La culture du sol au pied des arbres et les fumures modérées sont très
favorables au développement des arbres et au grossissement des fruits.
On l'élève ordinairement sur tige en plein vent.
La fructification se faisant au sommet des rameaux, la taille est limitée à la
suppression des branches faisant confusion.
La récolte des fruits se fait tard à l'automne, en octobre généralement, après
les premières gelées, mais avant la chute des feuilles, par cueillette à la
main.
Ils sont munis de longs pédoncules, et ils contiennent 5 noyaux osseux très
durs.
La maturité de consommation ne s’obtient qu'après conservation prolongée
pendant plusieurs semaines (2 à 6) en lits constitués en local sain et aéré
jusqu'à amollissement et virage au brun foncé de la pulpe.
Ce point de maturité doit être attendu même en vue des transformations.
Les ennemis des néfliers ne commettent généralement pas de dégât
importants.
On peut cependant craindre :
- dans les situations sèches, la cochenille du bois (Phanecoccus mespili)
qui se combat par des applications de bouillies à base d'huile minérale, en émulsion,
en hiver ;
- dans les situations fraîches ou humides, la moniliose, (Sclerotinia
Mespili) qui amène la momification des fruits et le dessèchement des
bourgeons.
Contre elle, le ramassage des organes atteints pour les détruire par le feu est
la mesure essentielle.
On peut la compléter par un traitement préventif au débourrement à l'aide de
bouillie cuprique à 6 g de cuivre métal par litre.
Les invasions du blanc des feuilles (Podosphaera Oxyacanthae) peuvent être
contrôlées par des applications curatives de bouillies sulfurées (sulfocalciques
ou à base de sels de Barèges ou de Karathane).
Types Existant à l'état naturel (stabilisés)
Var. abortiva Duham.
Syn. : (M. apyrena Koch. Desc.)
Description : feuilles un peu ondulées, fruits petits sans noyaux, parsemé de
petite verrue, il est plus délicat et mollit plus rapidement.
Var. macrocarpa Koch.
Syn. : (M. Gigantea Kirchn.)
Description : à tige et forme plus régulières, inerme; feuilles plus grandes;
plus gros que dans le type.
Variétés sélectionnées par l'Homme (Cultivars)
Les cultivars sont peu nombreux.
Ils sont inermes alors que les rameaux des types sauvages sont épineux.
Leurs fruits sont plus gros, plus charnus et parfois sans osselets.
Une douzaine de cultivars sont couramment élevés chez les pépiniéristes,
dont la 'nèfle sans pépin', la plus courante en France.
Les autres se rencontrent dans les pays ou la culture du néflier est en faveur.
Les cultivars 'précoce de Nottingham', 'De Hongrie', 'De Turquie', 'De Crimée',
Du Caucase', différent entre eux par la forme, la grosseur, la saveur plus ou
moins sucrée et la précocité des fruits, comme dans la vigueur, la rusticité
des arbres et l'ampleur de leur feuillage.
Nottingham :
fruit petit, sphérique, d'un goût relevé très agréable, obtenu par Hogg en
1830
Konigliche Mispel ou Royale :
Néflier à fruits allongés (Birn mispel)
Monstrueuse d'Evreinoff', d'Octobre :
Fruit de 8 cm de diamètre en forme de toupie aplatie, épiderme gris clair,
passant au jaune sable lavé de rouge terne à maturité, qui est très tardive.
Mespilus grandiflora ou lobota Smith .
Néflier à gros fruits de Hollande :
fruit de 5 cm de diamètre, aplati au sommet, un peu moins fertile que le néflier
sauvage.
Néflier à gros fruits anciens :
Fruit curieux par sa forme, de grosseur moyenne, terminé par un œil très
ouvert, couronné par des sépales persistants.